Le mercredi 24 juin 2026, une session de formation en ligne, tenue via Teams, a été organisée sur le thème : « Renforcement des capacités sur la Protection contre l’Exploitation et les Abus Sexuels ».
Cette formation avait pour objectif principal de renforcer les compétences des partenaires sur les concepts clés liés à la Protection contre l’Exploitation et les Abus Sexuels, de vulgariser les mécanismes de signalement existants et de rappeler le caractère obligatoire du respect des standards internationaux de comportement humanitaire.
Objectifs de la session
La session visait à permettre aux participants de mieux comprendre les notions fondamentales liées à la PSEA, notamment l’exploitation sexuelle, l’abus sexuel et le harcèlement sexuel. Elle avait également pour but de rappeler les obligations des acteurs humanitaires en matière de prévention, de signalement et de prise en charge des cas d’exploitation et d’abus sexuels.
Un accent particulier a été mis sur le principe fondamental selon lequel l’aide humanitaire et le soutien apporté aux communautés sont entièrement gratuits. Aucun échange de faveurs, de services ou d’actes sexuels ne peut être toléré en contrepartie d’une assistance.
Clarification des concepts clés
Au cours de la formation, plusieurs notions essentielles ont été clarifiées.
L’exploitation sexuelle a été définie comme le fait de profiter d’une position de vulnérabilité, d’un pouvoir différentiel ou d’une relation de confiance à des fins sexuelles, y compris en échange d’argent, d’aide, de biens ou de services.
L’abus sexuel désigne toute intrusion physique réelle ou sous la menace, de nature sexuelle, commise par la force ou dans des conditions d’inégalité.
Le harcèlement sexuel renvoie à tout comportement importun de nature sexuelle, qu’il soit verbal, non verbal ou physique, ayant pour but ou pour effet de porter atteinte à la dignité d’une personne ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant.
Ces clarifications ont permis aux participants de mieux distinguer les différentes formes de comportements prohibés et de comprendre leur gravité dans le cadre de l’action humanitaire et communautaire.
Respect obligatoire des normes de conduite
La formation a rappelé l’obligation stricte pour chaque travailleur humanitaire de connaître, respecter et appliquer les normes de conduite des Nations Unies en matière de prévention de l’exploitation et des abus sexuels.
Les participants ont été sensibilisés aux interdictions fondamentales, notamment l’interdiction d’échanger de l’argent, des biens, des services, des emplois ou une assistance humanitaire contre des faveurs sexuelles ou tout autre comportement humiliant ou dégradant.
Il a également été rappelé que les relations sexuelles entre le personnel humanitaire et les bénéficiaires de l’aide sont formellement interdites, en raison de la dynamique de pouvoir inégale qui existe entre les deux parties. De telles relations portent atteinte à la crédibilité, à l’intégrité et aux principes du travail humanitaire.
La protection des mineurs a aussi été fortement soulignée. Toute activité sexuelle avec une personne âgée de moins de 18 ans est strictement interdite, sans exception liée à l’âge de la majorité locale ou au consentement. L’ignorance de l’âge de l’enfant ne constitue pas une excuse.
Obligation de signalement et tolérance zéro
La session a insisté sur le devoir d’alerte de tout membre du personnel ou partenaire ayant des soupçons ou des préoccupations concernant un cas d’exploitation ou d’abus sexuel. Tout cas suspect doit être signalé immédiatement à travers les canaux établis.
Il a été rappelé que les enquêtes individuelles ou informelles sont strictement interdites. Les signalements doivent être orientés vers les points focaux PSEA formés et habilités à traiter ces situations selon les procédures appropriées.
Le principe de tolérance zéro a été réaffirmé. Le non-respect des normes de conduite constitue une faute professionnelle grave pouvant entraîner des sanctions disciplinaires, y compris le licenciement sans préavis, ainsi que des poursuites judiciaires lorsque les faits le justifient.
Mécanismes de signalement et approche centrée sur la victime
La formation a également porté sur les mécanismes de signalement internes et sécurisés. Ces mécanismes doivent garantir la confidentialité, la protection des personnes concernées et le traitement approprié des plaintes.
Une attention particulière a été accordée à l’approche centrée sur la victime ou la survivante. Cette approche place la sécurité, la dignité, le respect et le bien-être de la personne affectée au cœur de toute action.
La priorité doit être donnée à l’orientation vers les services de soutien adaptés, notamment l’assistance médicale, psychosociale et juridique, selon les besoins exprimés par la victime ou la survivante.
Conclusion
Cette session de renforcement des capacités a permis aux partenaires de mieux comprendre les principes fondamentaux de la Protection contre l’Exploitation et les Abus Sexuels. Elle a également contribué à renforcer leur connaissance des mécanismes de signalement, des obligations de conduite et des mesures de prévention applicables dans le cadre de leurs interventions.
À travers cette formation, les participants ont été rappelés à leur responsabilité individuelle et collective de prévenir tout acte d’exploitation, d’abus ou de harcèlement sexuel, de signaler tout cas suspect et de garantir un environnement sûr, respectueux et protecteur pour les communautés bénéficiaires.